Effets sur la santé

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Chaque jour, un adulte inhale environ 15 mètres cube d’air en fonction de sa morphologie et de ses activités. Outre l’oxygène et l’azote, qui représentent environ 99 % de sa composition, l’air peut également contenir des "substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine et à nuire aux écosystèmes. Elles peuvent également influer sur les changements climatiques et détériorer les biens matériels".

Impacts sanitaires chez l’homme

Une problématique de santé publique
Toute la communauté scientifique est unanime, la pollution de l’air a des impacts importants sur la santé. Elle est à l’origine de nombreuses maladies et de décès prématurés. Même si les risques relatifs aux pathologies liées à l’environnement sont souvent faibles (en effet à l’échelle d’un individu il y a peu de risques) toute la population (ou un très grand nombre de personnes) est potentiellement exposée. L'impact, en termes de santé publique, est donc plus important.

La pollution de l’air peut avoir des effets différents selon les facteurs d’exposition :

  • La durée d’exposition : hétérogène dans le temps et l’espace, elle dépend notamment des lieux fréquentés par l’individu et des activités accomplies.
  • La sensibilité individuelle : l’état de santé et les antécédents pathologiques, qui vont modifier la sensibilité vis-à-vis de la pollution atmosphérique, sont différents pour chaque individu,
  • La concentration des polluants
  • La ventilation pulmonaire

Le risque relatif mesure le risque de survenue d’un évènement dans un groupe exposé par rapport à un autre. Il représente une association plus ou moins forte entre une exposition et un effet.

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Pyramide des effets aigus associes a la pollution atmosphérique :plus la gravité des effets diminue, plus le nombre de gens touchés augmente.Source : Direction de la santé publique de Montréal. 2003

Il existe trois voies de contamination chez l’homme :

  • la voie respiratoire : c’est la principale entrée pour les polluants de l’air ;
  • la voie digestive : les polluants présents dans l’air retombent dans l’eau, sur le sol ou les végétaux et contaminent les produits que l’on ingère (ex. : pesticides, métaux lourds) ;
  • la voie cutanée : elle reste marginale (ex. : éléments toxiques contenus dans certains pesticides). 

 

Pics de pollution versus pollution de fond : quels impacts ?

Les effets de la pollution sur la santé sont classés en deux groupes :
- Les effets à court terme c’est-à-dire après une exposition de courte durée.
Les épisodes de pollution, par exemple, entrainent une hausse importante des concentrations par rapport aux niveaux de fond, de manière temporaire.
- Les effets à long terme qui surviennent en raison d’une exposition chronique à la pollution de l’air c’est-à-dire après des  expositions répétées ou continues tout au long de la vie.

En termes d’impacts sanitaires, pour une même durée d’exposition, les pics de pollution présentent des impacts plus importants que les niveaux de fond. C’est pourquoi des mesures spécifiques sont prises en cas de concentration élevée en polluants. Par contre, du fait de la durée d’exposition, c’est bien la pollution chronique qui cause globalement le plus d’impacts sanitaires.

Les populations dites sensibles

Des groupes d’individus peuvent également être touchés différemment par la pollution de l’air. Parmi les plus fragiles :

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  • Les enfants dont les poumons ne sont pas complètement formés (la fin de la croissance de l’appareil pulmonaire se produit vers 10-12 ans selon les enfants),
  • Les personnes âgées, en raison du vieillissement des tissus respiratoires et de pathologies plus fréquemment associées, ainsi que d’une diminution des défenses respiratoires,
  • Les personnes souffrant de pathologies chroniques (par exemple maladies respiratoires chroniques allergiques et asthmatiques ou maladies cardio-vasculaires), les diabétiques,
  • Les fumeurs, dont l'appareil respiratoire est déjà irrité par le tabac.

En revanche les populations les plus exposées ne sont pas forcément les personnes dites sensibles. En effet, les personnes pratiquant une activité sportive seront soumises à une exposition plus importante étant donné l’augmentation de la ventilation lors de l’activité physique.

3.5 millions de français sont asthmatiques et 10 à 14% des jeunes de 20 à 24 ans ont déjà fait au moins une crise d’asthme dans leur vie.

Conséquences et symptômes selon les polluants

  • Maladies respiratoires  (asthme, toux, rhinites, angines, bronchiolite, douleur thoracique ou insuffisance respiratoire)
  • Maladies cardio-vasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux, angine de poitrine)
  • Infertilité : baisse de la fertilité masculine, augmentation de la mortalité intra-utérine, naissances prématurées
  • Cancer : la pollution de l’air extérieur a été classée cancérogène pour l’homme  en  octobre 2013 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC)»le CIRC estime que « la pollution atmosphérique est l’une des premières causes environnementales de décès par cancer.
  • Morbidité : l’Organisation Mondiale de la Santé estimait en 2012 à 3,7 millions le nombre de décès prématurés provoqués dans le monde par la pollution ambiante (de l’air extérieur) dans les zones urbaines et rurales.
  • Effets reprotoxiques et neurologiques de la pollution atmosphérique. Par exemple l’exposition à la pollution atmosphérique dans l’environnement professionnel ou dans des milieux urbains et industriels est également associée à des changements dans l’expression des gènes impliqués dans les lésions et la réparation de l’ADN, l’inflammation, la réponse au stress immunologique et oxydant, ainsi qu’à une altération de la longueur des télomères et des effets épigénétiques tels que la méthylation de l’ADN - Source : Cancer et environnement / Volume 109: cancérogénicité de la pollution atmosphérique)
  • Autres pathologies : maux de tête, irritations oculaires, dégradations des défenses de l’organisme

 

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Zones du corps pouvant être affectées par certains polluantsSource : Organisation internationale du travail

 

La pollution de l’air extérieur a été classée cancérogène pour l’homme  en  octobre 2013 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC)

 

Les études épidémiologiques et toxicologiques de référence

En Europe :

Programme Apheis (Air Pollution and Health: A European Information System) copiloté par l’Institut National de Veille Sanitaire mis en place en 1999, a pour but de fournir aux décideurs européens, aux professionnels de la santé et de l’environnement et au grand public, des informations actualisées et faciles d’utilisation afin de les aider à prendre des décisions éclairées sur les questions auxquelles ils doivent faire face quotidiennement dans le domaine de la pollution de l’air et de ses effets sur la santé publique.

Programme CAFE (Clean Air for Europe, un Air pur pour l'Europe) lancé par la Commission européenne en 2001 a pour mission d'établir une stratégie intégrée et à long terme de lutte contre la pollution atmosphérique et de protection de la santé humaine et de l'environnement face aux effets de celle-ci. En savoir +

42 000 décès prématurés
Une évaluation de l’impact sanitaire à l’échelle de 25 pays de l’Union européenne, réalisée dans le cadre du programme CAFE (Clean Air for Europe) de la Commission européenne, s’est appuyée sur des outils de modélisation de la qualité de l’air et estimait qu’en France, en 2005, 42 000 décès étaient en relation avec l’exposition chronique aux particules fines PM2,5 d’origine humaine, ce qui correspondait à une perte moyenne d’espérance de vie de 8,2 mois.

 

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Nombre de mois de perte d’espérance de vie moyenne dans l’UE due aux particules fines (PM2.5) en 2003Source : Baseline Scenarios for the Clean Air for Europe (CAFE) Programme​

Programme APHEKOM , est un programme européen coordonné par l'Institut National de Veille Sanitaire. Neuf villes françaises ont participé au projet qui a évalué l’impact sanitaire et économique de la pollution atmosphérique urbaine dans 25 villes européennes. En complément des conclusions du projet rendues publiques en 2011, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a publié en 2012 un rapport spécifique aux neuf villes françaises.

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Gain moyen d’espérance de vie (mois) à 30 ans dans neuf villes françaises si les niveaux moyens annuels de particules fines (PM2,5) étaient ramenés à 10 μg/m3 (valeurguide de l’OMS)Source : Rapport "Résultat du projet Aphekom"

 

Infographie Chiffres Aphekom

 

En France :

Les Evaluations d’Impact Sanitaire (EIS) : une évaluation d’impact sanitaire vise à quantifier l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé. Interlocuteurs privilégiés des Agences régionales de santé (ARS), les Cellules interrégionales d’épidémiologie (Cire) assurent sur le terrain les évaluations d’impact sanitaire appliquées à la pollution atmosphérique (EIS-PA) commanditées pour optimiser les politiques locales de gestion de la qualité de l’air.
En savoir + :

Le Plan National Santé Environnement (PNSE) vise à répondre aux interrogations des Français sur les conséquences sanitaires à court et moyen terme de l'exposition à certaines pollutions de leur environnement.

Le Programme de Surveillance Air et Santé (Psas) conduit par l’INVS a été implanté en 2007 dans 9 grandes villes françaises (Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse). Il s’agit d’un outil de surveillance épidémiologique opérationnel et évolutif dont les objectifs sont de quantifier la relation à court terme entre la pollution atmosphérique urbaine et ses impacts sur la santé.

L’Etude ISAAC (International study of asthma and allergies in childhood) menée par l’INSERM en 2007 a pour objectif général de mieux connaître la fréquence et les facteurs de risque des maladies allergiques de l'enfant. En savoir +

En région Auvergne-Rhône-Alpes :

Le Plan Régional Santé Environnement (PRSE) : le champ du PRSE est identique à celui du PNSE et comprend donc la détection, l'évaluation et la gestion des risques sanitaires liés aux agents chimiques, biologiques et physiques présents dans les différents milieux de vie, y compris le milieu de travail.
Le premier PRSE 2006-2010 visait à apporter en Rhône-Alpes des réponses aux interrogations et préoccupations sur les conséquences sanitaires, à court et moyen termes, de l'exposition aux principales pollutions connues de l'environnement.
Conformément aux engagements pris lors du Grenelle de l’environnement, le gouvernement a adopté en juin 2009 le deuxième plan national santé-environnement (PNSE2) définit un ensemble d’actions concrètes à mettre en œuvre sur la période 2011-2014.

 

Les coûts sanitaires liés à la pollution

Il est extrêmement complexe de calculer le coût social, économique et sanitaire, car selon les polluants étudiés, les types de coûts et les valeurs retenus, des écarts sont observés dans les résultats. Ces études sont réalisées par des économistes, des épidémiologistes, et des spécialistes de l’air.

Plusieurs études ont été conduites, voici quelques résultats :

  • En avril 2005, le rapport Cafe CBA, "Baseline analysis 2000 to 2020", publié en 2005 dans le cadre du programme "Clean air for Europe" par la Commission européenne estime entre 68 à 97 milliards d’euros le coût monétarisé moyen de la mortalité et de la Morbidité, soit entre 1 154 et 1 630 euros par habitant. En savoir +
  • En avril 2013, le commissariat Général au Développement Durable (CGDD) expertise les valeurs monétaires de référence disponibles en France et dans l’Union Européenne pour chiffrer le coût des impacts sanitaires associés à la pollution de l’air.  En France ils sont estimés entre 20 et 30 milliards d’euros, ce qui représente 400 euros par habitant. Ces frais prennent en considération les consultations, les hospitalisations, les médicaments, les soins et les indemnités journalières. En savoir +
  • En avril 2015, le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) publiait un rapport sur les coûts des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique en France. Bilan : une facture de 1 à 2 milliards d'euros par an pour les soins de santé en France. En savoir +
  • En mai 2015, une étude de  l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publie un rapport "Economic cost of the health impact of air pollution in Europe" [Le coût économique de l'impact sanitaire de la pollution de l'air en Europe]. Pour la France seule, le coût des décès imputables à la pollution de l’air s’élève à 48 milliards d’euros par an. En savoir +
  • En juillet 2015, un rapport du Sénat "pollution de l’air, le coût de l’inaction", le coût sanitaire annuel de la pollution de l’air extérieur pour la France serait estimé entre 68 et 97 milliards d’euros par an. En savoir +