Odeurs

les nez de Respiralyon 2004-2010
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La perception d'une odeur dans notre environnement résulte de la présence de composés gazeux, notamment de Composés Organiques Volatils (COV). Les difficultés rencontrées dans la mesure des odeurs, conjuguées à la complexité de leur composition ne permettent pas encore d'évaluer l'impact direct des odeurs sur la santé.
Le seuil de perception d’une odeur varie en fonction de nombreux facteurs : présence de certains composés dans l’air, humidité, température, direction et vitesse du vent, mais aussi de la sensibilité des personnes.

 

Odeurs et santé

La "pollution odorante" constitue le deuxième motif de plaintes après le bruit ;
Le fait d'associer une odeur à un risque sanitaire est souvent sans fondement puisque la plupart des composés odorants sont détectés à des niveaux très faibles et en particulier inférieurs aux valeurs limites d'exposition (VLE). Cependant, même si les niveaux de concentration en composés odorants n'induisent le plus souvent aucun risque direct, les nuisances olfactives générées peuvent avoir un impact psychologique négatif lorsqu'elles sont jugées excessives. Ce "stress" peut alors dans certains cas avoir des conséquences sur la santé.

L'odeur est une perception olfactive caractérisée perçue dans l'air. Elle naît d'une rencontre, dans les profondeurs des fosses nasales, entre les molécules qui s'échappent des fleurs, des fruits ou des parfums et les millions de cellules réceptrices qui forment notre appareil olfactif. A ce message sensoriel, vient s'ajouter la perception humaine de cette odeur, que l'on ressent comme bonne ou mauvaise. Cette perception est liée à chaque homme, selon sa capacité olfactive, son ressenti, son "goût", sa culture…
Les bonnes et les mauvaises odeurs sont ainsi dépendantes d'un code social et d'une hiérarchie qui reste très culturelle.

 

Sources et origines des odeurs

On estime à plusieurs dizaines de milliers le nombre de sources potentiellement à l'origine d'odeurs.
Trois grandes catégories d’activités peuvent générer des odeurs :

Les émissions industrielles

  • Activités liées à l'énergie (pétrochimie, combustion de gaz de charbon, pétrole)
  • Activités chimiques (chimie minérale, organique ou inorganique)
  • Activités de l'industrie du bois, du papier et de la viscose
  • Activités des industries de l'agroalimentaire (préparation d'aliments : sucres, levures alimentaires…)

Les déchets
Tous les types de déchets sont à l’origine d’odeurs : compostage, déchets ménagers, déchets industriels, carcasses d'animaux, déchets de poissons, déjections d'animaux…

Les stations d’épuration
La collecte et le traitement des eaux sont à l’origine d’odeurs. Sont concernés les réseaux d'assainissement, les stations d'épuration urbaines et industrielles.

Pollutions olfactives : origine, législation, analyse & traitement - (Coll. Technique et ingénierie série environnement et sécurité, 2é Ed.) - Date de parution : 02-2008 – Dunod

 

Cadre réglementaire autour des odeurs

La pollution odorante ne fait pas l'objet de textes au niveau européen ou international. La réglementation en matière de nuisances olfactives dans l'environnement est par conséquent nationale et/ou locale. Ces réglementations peuvent être liées à la définition d'une pollution odorante, ou encore aux activités humaines, industrielles, agricoles… génératrices de nuisances.

La LAURE (1996) introduit la notion de nuisances olfactives
Article 2 (L-220-2 du CdE).

 

…Constitue une pollution atmosphérique au sens du présent titre l'introduction par l'homme, directement ou indirectement, dans l'atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives.

 

Questions/réponses

Comment fonctionne notre nez ?

Le nez dispose de 5 millions de cellules sensorielles contre 200 millions chez le chien.
Il s'agit de neurones qui captent leurs informations par une touffe de cils flottant dans un mucus aqueux. Ces cils ont une structure très originale : leur membrane est constituée de nombreuses protéines réceptrices différentes, capables de reconnaître toute une palette de substances odorantes.
Organe des sens très subtil, le nez permet à l'homme de reconnaître quelque 10 000 senteurs différentes à des concentrations infimes et de distinguer les bonnes odeurs des mauvaises.

Comment fonctionne notre système olfactif ?

Dès que l'on porte une fleur à son nez, les molécules odorantes se dissolvent dans la muqueuse nasale et excitent les cils vibratiles des cellules olfactives.
Aussitôt un signal se déclenche et provoque une série de réactions chimiques et électriques.
L'influx nerveux qui en résulte emprunte un long bras de la cellule réceptrice, l'axone, et chemine jusqu'au cerveau. L'ensemble de ces axones constitue le nerf olfactif.
 Au niveau du cerveau, le bulbe olfactif accueille les messages nerveux et sert à la fois de relais et de "gare de triage" de ces messages avant leur arrivée au cortex olfactif où ils sont identifiés et associés à des valeurs affectives. Ce qui explique qu'un parfum puisse susciter une émotion sensorielle.

Il existe deux voies pour percevoir les arômes :

  • La voie externe, en inspirant par le nez.
  • La voie rétronasale, les arômes se trouvent dans la bouche et remontent lors de l'expiration au sommet de la fosse nasale et viennent balayer la zone sensible.

Pour être sentie, une substance doit être volatile et soluble dans l'eau. C'est le manque de solubilité d'une molécule dans le mucus nasal où baignent les récepteurs olfactifs qui rend cette molécule inodore. Ainsi certaines molécules n'ont pas d'odeur tout simplement parce qu'elles n'atteignent pas leurs cibles olfactives. Les structures volatiles présentent une très large gamme d'odeurs qui va du nauséabond au délicieux.

Y a t-il un risque lorsqu'une activité est à l'origine de pollutions odorantes ?

Le fait d'associer une odeur à un risque sanitaire est dans la plupart des cas sans fondement.
En effet, les composés odorants peuvent être perçus par l'être humain à des niveaux de concentrations très faibles et en particulier inférieurs aux valeurs limites d'exposition (VLE), c'est-à-dire la concentration maximale à laquelle un individu peut être exposé pendant un temps donné sans que cela engendre des modifications de son état de santé.
Cependant, même si les niveaux de concentration en polluants odorants n'induisent aucun risque direct, les nuisances olfactives qu'ils génèrent peuvent avoir un impact psychologique négatif lorsqu'elles sont jugées excessives. Ce "stress" peut alors dans certains cas avoir des conséquences graves sur la santé des personnes.

Quelles sont les obligations des industriels qui rejettent des composés odorants ?

Ces obligations dépendent directement du secteur d'activités concerné. Dans certains secteurs à l'origine de pollutions odorantes, la réglementation ne fixe pas de valeur limite sur les odeurs. Cependant même si l'arrêté national ne fixe aucune valeur, l'arrêté préfectoral peut comporter un objectif en débit d'odeur et/ou en concentration de produits odorants.

Comment mesure-t-on une odeur ?

Les principales méthodes d'analyse pouvant être mises en œuvre sont :

  • L'évaluation de la gêne : les riverains sont amenés à témoigner sur la gêne qu'ils ressentent,
  • Les analyses olfactométriques : elles sont réalisées au laboratoire ou sur le terrain par un jury de nez,
  • Les analyses physico-chimiques : elles permettent de déterminer les concentrations en molécules odorantes.

On peut citer par ailleurs l'analyse par nez électroniques. La majeure partie des applications des nez électroniques dans le domaine de la pollution odorante est encore au stade de la recherche et développement, bien que certaines ont fait l'objet d'études en conditions réelles (notamment sur les sites suivants : stations d'épuration, compostage, élevage porcin).

Qu'est-ce qu'un nez électronique ?

Les nez électroniques sont principalement constitués de capteurs qui réagissent au contact des molécules volatiles.
Ces capteurs sont associés à une interface électronique qui assure la traduction du signal en une valeur numérique. Les données enregistrées peuvent alors être traitées au moyen de l'informatique.
Les principaux capteurs utilisés dans ce type de système sont : les capteurs à base d'oxyde métallique semi-conducteur (MOS), les capteurs à polymères conducteurs (CP), les capteurs à quartz piézoélectrique (CQP, SAW), les capteurs à effet de champ (MOSFET).
La majeure partie des applications des nez électroniques dans le domaine de la pollution odorante est encore au stade de la recherche et développement.

Vous subissez une nuisance olfactive, que faire ?

Les nuisances provoquées par des odeurs (nuisances olfactives) peuvent, dans certains cas, être considérées comme un trouble anormal de voisinage et, à ce titre, être sanctionnées.
Une des difficultés est d’identifier la source d’odeurs. Mais dès lors qu’elle est connue, différentes actions peuvent être menées pour tenter de faire cesser le trouble :

  • Saisir le syndic de copropriété
  • Saisir le maire ou le service communal d’hygiène et de santé
  • Déposer une réclamation à l’encontre du fonctionnement d’une ou de plusieurs installations classées industrielles ou agricoles
  • Saisir le tribunal d’instance
  • Informer le dispositif Respiralyon si les odeurs sont ressenties dans la métropole lyonnaise